Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



mardi 12 décembre 2017

L'Afrique du Sud, Le Bonheur, L'Avenir et autres

Dirk Coetzee, directeur technique des domaines
L'Avenir et Le Bonheur à Stellenbosch.



L’Afrique du Sud est un grand pays moderne. Qui roule à gauche, certes, mais moderne. Les routes sont belles et en bon état, convenablement éclairées, bien signalisées, des embouteillages aux heures attendues, la vie, la vraie. C’est ce qu’on se dit quand on s’engage sur la 44, une belle route qui va de Paarl à la mer en passant par Stellenbosch. La 44 est au vignoble sud-africain ce que la Départementale 2 est au Médoc, pas tout-à-fait une route des châteaux, mais presque. D’ailleurs, il n’y a pas de châteaux, les Africains disent « ferme » pour
« domaine ». Ici, nous sommes à quelques kilomètres du Cap, la grande ville emblématique depuis des siècles de ce finistère du continent africain, une manière de bout du monde agité, vivant, convulsif ; contradictoire, aussi. Moderne et créatif.

C’est sûrement un hasard, mais c’est sur cette seule route 44 qu’Advini est devenu propriétaire de trois domaines. D’abord, il y eut L’Avenir, joli domaine qui était dans la corbeille du mariage avec Michel Laroche à Chablis au moment de la fusion Jeanjean-Laroche, à l’origine d’Advini en 2010. Puis vint
Le Bonheur, grand domaine à peu près à l’abandon, acquis par le groupe en novembre 2016. Enfin, Ken Forrester, le magicien du chenin et sa trentaine d’hectares, a rejoint Advini en décembre dernier, c’est tout récent. Ce faisant, Antoine Leccia, président d’Advini et son équipe confirme l’intérêt de la maison pour la viticulture sud-africaine et même si, là-bas comme ici, chacun se débrouille, les règles appliquées par chaque domaine Advini ont cours aussi en Afrique du Sud. On le sait, il s’agit d’un cercle vertueux qui commence par l’agriculture biologique ou biodynamique et se justifie par le bien-être des équipes, une tarification raisonnable pour l’amateur, la quête sans fin du toujours meilleur. Sur place, ils le disent tous. Quand Antoine Leccia est arrivé à Stellenbosch, c’était pour se séparer de L’Avenir. Il y a passé quelques jours, il a demandé à l’équipe ce qu’elle voulait faire de ce vignoble et il est reparti rassuré sur la pertinence de ce domaine au sein du portefeuille qu’il préside, conviction qu’il a su partager avec les actionnaires. Mais, au fond, peut-on se passer de L’Avenir ? Comment ne pas lui adjoindre Le Bonheur ?

La viticulture sud-africaine est calée, pour l’essentiel, sur deux cépages emblématiques. Le chenin, en blanc. Le pinotage, en rouge. Ce dernier est un croisement du pinot noir et du cinsault qui donne des vins puissants, profonds, parfois difficiles. Extraire le meilleur d’une vigne de pinotage est une gageure, il n’est pas toujours facile de sortir des vins fins, gouleyants, enthousiasmants. Mais c’est possible. François Naudé, un vinificateur très connu à Stellenbosch, maître de chai à L’Avenir jusqu’à son rachat par Michel Laroche, grand gourou du pinotage, en a administré la preuve maintes fois et, aujourd’hui, ses vins du milieu des années 2000 sont très agréables et montrent le chemin au directeur technique du domaine dont il fut le mentor, le jeune et brillant Dirk Coetzee.

Et il y a tout le reste. À l’instar de leurs homologues du Nouveau monde, les vignerons sud-africains se sont intéressés à toute la gamme des succès de l’Ancien monde. Depuis le blend le plus international, cabernet-syrah, jusqu’aux cépages les plus qualitatifs, viognier, nebbiolo, pinot noir, etc. Les assemblages qui ont fait la gloire des appellations les plus en vue se retrouvent au catalogue de la viticulture sud-africaine. Syrah-viognier, par exemple, comme en côte-rôtie. Mais, à L’Avenir, la piste privilégiée, c’est le pinotage. Chez Ken Forrester, c’est le chenin blanc. Pour Le Bonheur, ce sera les deux. Pour tous, il y a aussi un peu du reste. Par exemple, chez Ken Forrester et à L’Avenir, on s’intéresse au méthode-cap-classique ou MCC, un effervescent qui peut être très bon, en blanc comme en rosé. L’effervescent rosé de L’Avenir est issu d’un assemblage très gourmand de pinotage et de gamay à jus rouge qui vieillit de 16 à 24 mois selon le millésime. L’un des grands rouges de Ken Forrester, Three Halves, est un assemblage du Rhône, mourvèdre en majorité, syrah et grenache. Ici, comme en Californie, même si l’histoire des vignobles n’est pas comparable, on dénote une grande liberté. Ils écrivent l’histoire, ils ne la subissent pas.

Ailleurs, Le Lude, micro-vignoble de trois hectares à Franschhoek, est un maître du MCC. L’endroit, d’un grand raffinement, est assez emblématique de ce bout de la route, Franschhoek, le coin des Français, aujourd’hui une campagne très bien peignée. Les Huguenots débarqués plus au sud avaient commencé à monter vers le nord et, quand la montagne fit barrage, ils se sont installés dans cette sorte de vallée du bonheur. On est alors au XVIIe siècle, peut-on dire que l’Afrique du sud fait partie du Nouveau monde du vin ? Et il y a les très fameux liquoreux sud-africains, dont ce vin de Constance historique dont Napoléon en exil à Sainte-Hélène faisait grand cas, au pont d’en boire une bouteille par jour. Juste retour des choses, ce sont maintenant des Français qui tiennent les rênes du capital et de la vinification à Klein Constantia, parmi lesquels Hubert de Boüard (château Angélus, premier cru classé A de Saint-Émilion) et Bruno Prats (ex-Cos d’Estournel, grand cru classé de Saint-Estèphe). Chez la plupart des producteurs, on produit aussi des vins doux. Chez Ken Forrester encore, c’est un vendanges-tardives (Late harvest), délicatement baptisé T, initiale du prénom de madame Forrester. Ce qui tranche avec le Dirty Little Secret du maître de chai, un chenin d’expérimentation qu’on trouve au verre dans le club le plus select du moment à Londres, le 67 Pall Mall (voir EnMagnum n°2).

Dans cette nature civilisée bien calée dans des paysages extraordinaires de montagnes et de mer, on a très vite compris les mérites du tourisme dédié, l’œno-tourisme. La très grande majorité des domaines est équipée de tous les attributs nécessaires à la réception d’une clientèle de passage. Grandes, lumineuses et confortables sont les salles de dégustation. Multiples, les offres « spéciales » à l’attention du touriste. Et, comme en Californie ou en Oregon, chaque domaine a son wine-club avec ses cuvées exclusives, ses casquettes de base-ball et ses t-shirts floqués. Dans les propriétés Advini, on va plus loin. L’Avenir propose des chambres vastes et luxueuses, une jolie piscine et un restaurant, en plus de tout le reste. Ken Forrester, dans un registre différent, dispose d’une offre équivalente, des bungalows de grand confort et un restaurant de bonne réputation locale, le 96. Le Bonheur, le moment venu, verra ses bâtiments historiques restaurés dans le même but. En attendant, d’ici peu d’années, la sortie des premiers nouveaux vins de cette propriété magique.




Les dates pour comprendre L’Avenir (et Le Bonheur)
1659
Le premier vin sud-africain est produit par Jan Van Riebeeck.
1912
Création du domaine Welteverde et plantation des premières vignes. L’Avenir est issu d’une partie de ce domaine.
1940
Du chenin et du pinotage sont plantés dans ce qui va devenir L’Avenir.
1992
Création du domaine L’Avenir et acquisition par un Mauritien nommé Marc Wiehe. Il s’entend avec une grande figure du vignoble sud-africain, François Naudé, qui devient le maître de chai de L’Avenir. Les premières barriques sont produites dans le garage. Elles y resteront vingt ans.
2005
Michel Laroche, grand vigneron à Chablis, fait le tour du monde à la recherche de propriétés qui répondent à ses critères exigeants. Il achète L’Avenir et une propriété au Chili. François Naudé quitte le domaine, devient consultant et crée en 2009 son propre vin qu’il appelle sobrement Le Vin de François.
2009
La famille Laroche et la famille Jeanjean unissent leurs énergies pour créer Advini. L’Avenir rejoint les autres domaines du nouveau groupe.
2012
Les premières barriques de l’époque Wiehe-Naudé sont vendues aux enchères au bout de vingt ans à la célèbre Nederburg Auction, l’une des cinq plus importantes ventes de vin au monde.
2013
Dirk Coetzee devient le maître de chai de L’Avenir.
2016
En novembre et en décembre, AdVini confirme sa présence en Afrique du Sud en concluant l’acquisition d’un grand domaine en petite forme, Le Bonheur, et d’un autre, un petit domaine en grande forme, Ken Forrester.


C’est grand comment ?
L’Avenir, 68 hectares
Le Bonheur, 168 hectares
Ken Forrester, 30 hectares (et quelques parcelles « magiques » en location)


Le babouin, c'est la vache sacrée du quartier.

Le bestiaire sud-africain
Nous parlons ici des animaux sauvages qui s’attachent à gâcher la vie des vignerons de la région du Cap. Pas des Big Five des réserves pour safaris.
D’abord, il y a le babouin, sorte de vache sacrée locale. Interdit de le tuer, même si, parfois, on en rêve. Par exemple, quand il déboule avec ses congénères dans une parcelle et que, pour rigoler, il casse les ceps en deux ou, en s’y mettant à plusieurs, il saccage les palissages. Le babouin est un vandale. Il est dangereux, en plus. Certains vignobles très exposés à cette menace entretiennent des baboons squads, des groupes de quatre personnes qui, puisqu’ils n’ont pas le droit de les tuer, se servent de flashballs. Dès qu’un babouin est marqué d’un coup de peinture des flashballs, les autres se jettent sur lui pour lui faire sa fête. Drôle de bestiau.
Le cobra est également très présent. Dans les vignes, il dispute la vedette avec le black mamba, un serpent très dangereux et pas peureux du tout. Quand le vigneron s’engage dans un rang, le cobra s’éclipse, pas le mamba. Ce qui explique pourquoi tous les vignerons sont accompagnés de petits chiens bâtards, aussi vilains qu’efficaces contre ces reptiles. On comprend pourquoi l’hôtelier nous a toujours demandé d’ouvrir nos draps en grand avant de nous coucher. Mais peut-être qu’il se moquait un peu de ces Européens si impressionnables.
Il faut ajouter à ce catalogue quelques aigles et, parfois, un guépard égaré et on se souvient très vite qu’il faut, relativement, faire assez attention.



Faut-il faire le voyage ? 
Oui, pour trois raisons et un prétexte 
1- La qualité de l’accueil, quoi qu’on puisse en penser. Non, ce n’est pas la guerre civile et on peut se promener en voiture en toute quiétude. Dans cette région, au moins.
2- La découverte des vins, leur grande diversité, l’offre gastronomique absolument épatante et à des prix très bas. Diviser tous les prix par quinze pour obtenir l’équivalent euro est une sensation rare
3- Le décor extraordinaire de montagnes et de vallées, la mer jamais loin, pas toujours agréable, la campagne verte qui nous rappelle que cette pointe sud de l’Afrique n’est pas un pays tropical, mais tempéré.
Le prétexte : pas de décalage horaire avec la France.



Les photos : Mathieu Garçon (sauf les bouteilles… Qu'en conclure ?)

Ce texte a été publié sous une forme différente dans ENMAGNUM n° 9. Le numéro 10 est en vente depuis peu chez votre marchand de journaux. Voici la couverture de ce nouveau En Magnum #10 :

 

lundi 11 décembre 2017

Mes magnums (52) Un magnum de champagne même pas cher

Le Brun de Neuville, champagne extra-brut blanc de blancs



Pourquoi lui
Cette petite coopérative présidée par Damien Champy, viticulteur champenois, a tout compris. C’est le nouveau look des coops, ça. Très bon travail, des jus épatants, des prix tenus, des gens sympas, des idées partout. Un monde entier qui bascule du bon côté.

On l’aime parce que
D’abord, c’est un blanc de blancs ou d’abord c’est un extra-brut ? La question n’aura jamais de réponse et tant mieux, l’important, c’est qu’ils soient ensemble, comme dirait l’autre. Un vin aérien sans sucre ajouté (histoire de confirmer le plan de vol), c’est drôlement bien.

Combien et combien ?
1 275 magnums, 58 euros le magnum.

Avec qui, avec quoi ?
Avec quiconque a du goût pour le champagne, sa vérité, son tranchant, sa finesse, sa légèreté et ne vous gâchera pas la soirée avec des propos soupçonneux, stupides et datés sur les manières de faire des coopératives.

Il ressemble à quoi ?
À un petit coin de bonheur caché, un moment rare qui comptera parmi ceux qui comptent déjà. Un truc à soi, que personne ne connaît vraiment encore.

La bonne heure du bonheur
De l’apéritif à la table si l’entrée a des accents iodés.

Il fait penser à
Cette chance que la production de vins de Champagne soit dotée d’un système vertueux qui permet à chacun (vigneron, coopérative, négoce, petits et grands) de bien vivre de son travail. Et vous avez vu le prix ?

Le hashtag
#vivelasociale

Le bug
Il y a encore des atrabilaires qui disent « kolkhoze » pour « coopérative ». Comment peut-on manquer à ce point de vision, de générosité,
de bienveillance ? Un truc de vieux con qui déteste tout le monde, ça.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve
Salin et floral, le vin a de la droiture et de l'énergie. Idéal pour un plateau de fruits de mer. 14/20


Cet article a été publié dans En Magnum #09 en septembre 2017 et sous une forme différente.
Le numéro 10 vient de paraître, il est en vente chez votre marchand de journaux. Voici à quoi il ressemble :

mercredi 6 décembre 2017

« En Bourgogne, 2015 passera le siècle »

Jean-Pierre Confuron dans l'entrée de la Tour des Filles
(qui ne s'appelait sûrement pas comme ça par hasard)


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Des Confuron, il y en a plein, tous vignerons en Bourgogne. Alors concentrons-nous sur l’un d’entre eux, justement choisi entre mille. Notre Confuron à nous se prénomme Jean-Pierre et il n’y en a qu’un. Frère d’Yves, il veille avec lui aux destinées de leur vignoble familial, le domaine Confuron-Cotedidot, du très haut de gamme. Jean-Pierre a une autre casquette, il dirige la viticulture et les vinifications du domaine Chanson et assure les approvisionnements de cette grande maison de négoce. « Moi, je suis vigneron. Je n’ai pas besoin de faire mille contrats. Si tu es crédible, tu es reconnu. C’est ça, la confiance. » Chez lui, l’œil rieur ne masque pas une énergie certaine. On le dit un peu rugueux, il s’en défend : « Je suis plutôt cool, mais je ne laisse pas passer l’erreur. Nous sommes tous là pour faire le mieux. » S’il produit 40 000 cols avec son frère, c’est un million de bouteilles qui sortent de chez Chanson. Ce n’est plus la même chose, même si cette réalité le laisse de marbre. Cette année, Michel Bettane et Thierry Desseauve ont distingué le domaine Chanson pour la qualité extrême de ses beaunes premier-cru 2015. Dans le guide 2018, qui vient de paraître, ils sont rangés dans l’étagère « Vin de l’année ». Consécration ou confirmation ? Modestement, préfèrons le deuxième avis.
Ce Confuron-là et son frère ont l’habitude des honneurs. Leur travail est dans le radar depuis longtemps et chacun s’accorde à dire qu’ils font très bien. D’Homme de l’année 2014 chez les uns en Vin de l’année 2018 chez les autres, ils sont toujours sous les projecteurs. Avec son air de jeune homme, Jean-Pierre Confuron aligne pourtant vingt-six vendanges et autant d’années pour se forger de vraies convictions (« un vrai pinot, c’est rubis ») qui sont, ou pas, reconnues par tous. Bien calé dans la tradition pluri-séculaire de la Bourgogne, il vinifie en vendange entière. Comprendre qu’il vinifie aussi les rafles. Qui, elles aussi, posent des problèmes de maturité. Tout le jeu est là et comme il le dit : « Si tout le monde a fait de la gouache à l’école, il n’y a que quelques grands artistes. » Il trouve que son métier résonne dans cette créativité énoncée. Il parle d’héritage. « Sept générations au même endroit, ça forme le goût, les réflexes et la réflexion. J’ai des souvenirs, ça m’aide. » Pourtant chez Chanson, il est contraint à passer de l’infiniment ancien au très contemporain. Ainsi du chai à barriques installé dans la tour des Filles, construite de 1519 à 1524 dans les remparts de Beaune, derrière des murs de huit mètres d’épaisseur, comme au château de Beaune chez Bouchard Père et Fils ou dans le castrum de Joseph Drouhin. Les grandes maisons de négoce sont inscrites dans l’architecture historique de la ville depuis la fin du XVIIIe siècle.
C’est dans ce bastion que Chanson conserve ses vins à l’abri du chaud, du froid, de la lumière et des vibrations. On peut supposer que ce n’est pas très pratique, et que dire alors de la cuverie en pleine ville qui jouxtait le bastion ? Heureusement, elle a été déplacée hors les murs, au pied des vignes du grand talus, dans une unité de production dernier cri, un très gros jouet que ce cuvier qui enchante notre homme. Comme il a tout connu de l’aventure Chanson dès l’achat par Champagne Bollinger (« C’est ça qui est passionnant dans cette histoire, j’ai commencé au commencement »), il a une vison très claire et complète du potentiel de la maison Chanson : « Quand Bollinger m’a demandé de les conseiller pour l’acquisition de Chanson, nous avons commencé par faire l’inventaire des vignes du domaine. Nous constatons alors l’état de non-culture de ces surfaces menées en conventionnel. Trois ou quatre coups de round-up et on ne se posait pas de question. Ils m’ont confié une mission. Un audit précis du vignoble et une restructuration complète des plantations. Nous ne parlions pas encore de vin. Dès le début, nous avons cessé l’usage des herbicides. Très doucement, nous sommes passés au labour. On a arrêté l’usage des potasses, de la machine à vendanger et, peu à peu, les choses se sont redressées. »
Aujourd’hui, les 43 hectares du domaine Chanson sont menés en agriculture biologique. Premier millésime certifié, le 2015. « Le bio, c’est d’abord pour nos salariés et les habitants riverains. C’est aussi pour l’eau des nappes phréatiques. Le bio, enfin, renforce cette quête du terroir qui est la nôtre. De façon durable, évidemment. Mais ça, je le crois, mais je ne peux pas le démontrer. » Fort de quoi, notre homme envisage la suite avec une certaine confiance. Il observe attentivement le millésime en cours, le 2017. Il y croit et il le dit : « Il y a une intuition. Cette année, je le sens. Je sens les rythmes, les pics, les très-froids et les très-chauds. Je me demande, par exemple, si l’été n’est pas déjà fini. » Cette conversation a eu lieu début juillet. Il précise, essaie de se faire comprendre : « Tu vas aller chercher ce millésime par l’expérience des vingt-cinq qui précèdent. On corrige, on tient compte, on se souvient, on affine. » On le sent tendu. Les Bourguignons paient depuis quelques années, déjà six, un lourd tribut aux accidents climatiques et on voit bien qu’il n’est pas serein. 2016 a marqué durablement les esprits. « C’est ma pire année à la vigne. » Disant cela, il parle viticulture et rendement, pas des vins qu’il a réussi à élaborer. 


La photo : signée Mathieu Garçon
Cet article a été publié dans En Magnum #09 en septembre 2017 et sous une forme différente.
Le numéro 10 vient de sortir, en vente chez votre marchand de journaux. Voici à quoi il ressemble :



 




vendredi 1 décembre 2017

Le vin suisse de Caroline Frey, c'est fait

L’histoire
Les Grains blancs de mon jardin secret 2016, c’est la volonté de Caroline Frey de s’extraire deux minutes de ses responsabilités dans l’entreprise familiale au Château La Lagune, haut-médoc, au Domaine Paul Jaboulet Aîné à Tain-L’Hermitage et Corton C. en Bourgogne. Elle a acquis 1 200 m2  au creux des Alpes du Valais en Suisse, loin de tout, difficile d’accès, le coteau est raide, en terrasses, non mécanisable. Elle a choisi de tout faire seule, des premiers coups de sécateur ou de pioche jusqu’à la mise en bouteilles. Un splendide isolement, une quête peut-être, le goût de l’effort et celui de l’aboutissement, le désir de signature. Ce qui est cohérent avec l’idée d’un vin d’auteur. J’ai acheté quatre bouteilles. Une pour tout de suite, une pour garder, une au cas où et une pour être sûr. J’ai trouvé ça via le site Chais d’œuvre dont les sélections affolent toujours plus d’amateurs passionnés, ce qui exige d’être assez vif quand les ventes apparaissent sur le site. Là, Chais d’œuvre dispose d’une allocation de cent bouteilles.

Le vin
C’est un vin blanc sec, mais pas à ce point. Il s’agit d’un assemblage de petite arvine, de chasselas et de sylvaner. J’ignore dans quelles proportions, mais comme dirait Jean-Michel Deiss : « On s’en fout. L’important, c’est qu’ils soient ensemble. » J’adore. Seulement 500 bouteilles ont été produites.

Le verre
D’abord, le bouchon. Du haut de gamme, du beau bouchon bien long qui me rassure sur l’avenir de mes trois autres bouteilles. Du bout du nez, on plonge dans un bouquet de fleurs complexe et flatteur, d’une fraîcheur qui donne soif, qui change dans le verre à toute allure, c’est la marque des vins d’auteur quand ils sont réussis. Et l’originalité de cette cuvée n’est pas la moindre de ses qualités. En bouche, c’est un assemblage très fin de citations multiples. Promenons-nous dans les goûts. On voyage beaucoup dans le suave des chardonnays bourguignons, la tendresse de la clairette du Rhône (chez Colombo, par exemple), le rolle qui roule sous la langue et d’autres encore, plus mystérieuses.
(Je n’en suis qu’à la page 1 du livre des cépages suisses. J’ai goûté des chasselas épatants sur le coteau de Lavaux, à côté de Lausanne et, une fois avec Catherine Le Conte des Floris, un blanc sec signé par la célèbre Marie-Thérèse Chappaz. Bref, je n’ai à peu près jamais bu de vins suisses.) 

Moins le vin est froid et plus la bouche bourguignonne s’affirme. D’une certaine manière, la bouche confirme le nez et tout ça est très plaisant, sans tension excessive et avec une pureté réjouissante qui met en valeur la fine sucrosité issue, j’imagine, de la petite arvine. Est-ce alpin ? En fait, ça ne ressemble à rien de connu (de moi) et j’attends avec impatience les commentaires des grands sachems du métier. Histoire de valider ou de confronter des sensations. Et j’attends aussi de goûter l’évolution sur une période significative.


La parcelle de Caroline Frey

Rappelons que si tous les vignobles Frey dont elle a la charge sont menés en bio, son jardin suisse est en bio-dynamie.

L’interview de Caroline Frey en 2016 quand elle a acheté la parcelle (clic).


vendredi 24 novembre 2017

Jay-Z s’est payé une bouteille de champagne

Voici l’histoire ébouriffante de Jean-Jacques Cattier, petit producteur de champagne de la montagne de Reims, et de son association avec Jay-Z, multi-millionnaire du rap. Comme Mr. and Mrs. Carter (le vrai nom de Jay-Z et Beyoncé), nous nous sommes rendus à Chigny-les-Roses pour entendre l’épopée de cette golden bottle à plus de 1 000 dollars dans les boîtes de nuit, propulsée en moins de dix ans au sommet de la gloire (et des prix). Où l’on comprend que les plus beaux coups de marketing, c’est simple à la fin.
Interview fascinante.

Jean-Jacques Cattier, à Chigny-les-Roses


Armand de Brignac, marque que vous avez créée, a remplacé Cristal de Roederer dans le cœur d’un groupe de consommateurs très influent, les rappeurs américains. De quand date le coup de foudre ?
Jean-Jacques Cattier : Très honnêtement, on ne peut pas relier notre histoire à celle de Cristal. En 2006, au moment du clash avec Roederer (contestant des propos tenus par le président de Roederer, Jay-Z a décidé de boycotter cette maison, à titre personnel et dans ses bars, au profit de Krug et de Dom Pérignon, ndlr), nous travaillions sur cette cuvée depuis le début de la décennie. Le lancement d’Armand de Brignac n’a pas été une réaction de notre part, comme certains ont pu le dire. Nos bouteilles vieillissaient en cave depuis plusieurs années. C’est pure coïncidence si, à ce moment là, une partie du marché s’est ouvert de l’autre côté de l’Atlantique.

C’est ce qui est extraordinaire dans cette histoire : la concomitance des faits et de l’intention.
J.-J. C. : Oui, c’est un concours de circonstances. Et la conjugaison de différents facteurs a permis à une marque inconnue du grand public de devenir célèbre en l’espace de quelques mois. Nous avons lancé Armand de Brignac avec un partenaire américain basé à New-York à qui nous avons expédié deux palettes au mois d’août 2006. La cuvée a été repérée, appréciée et cela a été une sorte de big-bang, la marque a inondé le monde en un temps record.

Pourtant, ce champagne est très cher.
J.-J. C. : C’était l’objectif. Nous nous sommes tout de suite positionnés plus cher que les plus chers, ce qui a été un facteur favorisant. Il y a une certaine clientèle qui cherche l’exceptionnel, l’exclusivité. C’était un produit de qualité et nous avions beaucoup travaillé la présentation.

Dès le début des années 2000 ?
J.-J. C. : Absolument. Pour accueillir le XXIe siècle, nous voulions bouleverser les très traditionnels codes du champagne, avec une marque distincte de Cattier. L’habillage de cette bouteille de champagne “super-prestige” a été une sorte de fulgurance. Cela a beaucoup plu et pas uniquement aux rappeurs. Même si son prix n’est pas accessible à tous les consommateurs, ce champagne est “tout public”. Et il est apprécié des sommeliers. En Asie et aux États-Unis, il a eu un impact incroyable auprès des professionnels de la restauration, plus qu’en France. On est rarement prophète en son pays. Bien que le marché français reconnaisse la qualité du vin, il a pu être bousculé par notre positionnement.

Vous avez travaillé avec une agence de pub ?
J.-J. C. : Nous avons presque tout fait en interne. Le nom vient d’une marque que ma mère avait créée dans les années 1950. Elle avait lu un roman dans lequel il y avait ce personnage, de Brignac. Mes parents étaient alors en contact avec un distributeur parisien qui cherchait un fournisseur de champagne lui proposant une exclusivité. La marque Cattier étant déjà présente à Paris dans différents réseaux, ma mère a décidé de lancer une marque spécifique. Finalement, le marché ne s’est pas fait, mais les étiquettes “de Brignac” existaient, sans le prénom. Ainsi que ces packagings originaux avec des étiquettes en étain, dans la gamme Cattier. Cette création puise beaucoup dans l’historique de notre maison.

Même la fameuse bouteille métallisée ?
Oui. Nous l’avions déjà fait pour Courrèges, à la fin des années 80. Le couturier avait créé un concept gourmet avec des produits de bouche, du vin, du champagne. Nous avions trois bouteilles, deux traditionnelles et une métallisée argent. Cette collaboration a bien marché, en particulier au Japon. En 1990, tout s’est arrêté avec la crise asiatique. L’idée est revenue accompagner ce projet, mais en version or, une couleur plus chaude. Si le design de la bouteille a été créé à 90 % chez nous, l’as de pique est la création d’une agence de publicité new-yorkaise consultée par notre partenaire. Le fameux ace of spades a du sens aux États-Unis.

Ce partenaire, vous l’avez rencontré comment ?
C’est lui qui est venu à nous. Il voulait lancer un champagne très luxueux et il est venu en Champagne pour rencontrer vingt grandes maisons, dont nous faisions partie. Il est reparti et il est revenu un mois plus tard avec une shortlist. Nous avions une cuvée prête à sortir, des concepts innovants, l’association s’est faite naturellement. Ce qui l’intéressait, c’était l’exclusivité absolue et mondiale. Tout cela a démarré gentiment et rapidement nous avons fait de gros volumes. 

(Ce que ne dit pas Jean-Jacques Cattier, qui est un homme aimable, c'est que les plus célèbres maisons de Champagne ont éconduit l'Américain du haut de leur gloire et que lui, il l’a reçu. Que certains s'en mordent les doigts aujourd'hui n'est que justice)

Et depuis, quel a été votre maximum ?
J.-J. C. : Nous avons décidé de ne pas communiquer ce chiffre. Disons que c’est significatif. C’est un volume que nous maîtrisons, nous pourrions vendre beaucoup plus que ce que nous avons produit il y a cinq ans.

Vous refusez des ventes ?
J.-J. C. : Tous les jours.

Vous travaillez toujours avec le même partenaire ?
J.-J. C. : Plus que jamais.

Cette entreprise dédiée à la distribution d’Armand de Brignac, vous l’avez créée avec lui ?
J.-J. C. : Non, elle lui appartient. Nous avons la charge de la production, eux s’occupent de la distribution. Et entre les deux sociétés, il y a un contrat spécifique et assez sophistiqué qui protège les deux parties.

Et c’est cette société que Jay-Z a acheté ?
J.-J. C. : Oui. Il est d’ailleurs déjà venu en Champagne visiter nos caves avec son épouse Beyoncé. C’est un très grand amateur de vin et un grand connaisseur. Il a une cave à New-York dans laquelle il stocke plusieurs milliers de bouteilles, des grands crus venant principalement de France.

A-t-il compris le processus d’élaboration du champagne, le temps nécessaire  au vieillissement en cave ?
J.-J. C. : Il connait très bien les contraintes de production. Son objectif est que ce champagne soit reconnu comme l’un des meilleurs du monde, voire le meilleur. Il nous a demandé d’acheter les meilleurs raisins, même si ce sont les plus chers. Il n’y a pas beaucoup de directeurs financiers en Champagne qui sont prêts à financer les meilleurs raisins à tout prix. Du point de vue œnologique, c’est merveilleux d’entendre un tel discours. C’est une bénédiction qui nous impose une obligation de résultats.

Les équipes de Jay-Z sont pressantes quant au développement de la marque ?
J.-J. C. : Nous travaillons dans une osmose totale. Nous communiquons presque quotidiennement. Nous allons à New-York, ils viennent nous voir ici. Nous échangeons beaucoup, sur les contraintes techniques notamment. Nous avons déjà cinq vins différents. La dernière cuvée, un blanc de noirs lancé en exclusivité chez Harrod’s à l’automne 2015, a été mise en vente à 695 livres la bouteille. Tout est parti très rapidement. Le reste du monde, États-Unis, Japon, Singapour, Hong Kong, était sur liste d’attente. à partir du 15 octobre, ces pré-commandes ont été expédiées et avant la fin de l’année, le stock était écoulé.

Parlez-nous de ces cinq vins.
J.-J. C. : À l’origine, il n’y avait que le brut Gold, assemblage traditionnel des trois cépages de la Champagne, chardonnay, pinot noir, meunier, comprenant des premiers crus et des grands crus. Nous avons décidé d’assembler de très bons millésimes, comme mon père le faisait autrefois avec son clos-du-moulin (assemblage de trois millésimes, ndlr). Ensuite sont venus un blanc de blancs et un rosé, en bouteille métallisée argent pour le premeir et rose, bien sûr. Plus récemment, le blanc de noirs, cuvée 100 % pinot noir habillée d’une métallisation carbone et, dans une métallisation grenat, un demi-sec, dosé à 30 grammes par litre (les autres cuvées sont à 8 g/l, ndlr). C’est un champagne très intéressant.

Quel est le prix moyen de ces bouteilles ?
J.-J. C. : Chez un caviste, entre 250 et 300 euros. Dans un restaurant, autour de 500 euros. Dans les clubs, de 900 à 1 000 euros.

Armand de Brignac n’existe pas en version millésimée ?
J.-J. C. : Pas encore. Nous y réfléchissons, ce sera peut-être un clos. C’est devenu à la mode, tout le monde fait des clos, il y en a une trentaine désormais. Mais dans les années 1950, il n’y en avait que deux en Champagne, le Clos des Goisses de Philipponnat et le Clos du Moulin que mon père avait lancé.

Armand de Brignac n’est pas une marque très présente sur le marché français, vous en vendez quand même ici ?
J.-J. C. : Il est vrai que ce marché a été moins travaillé au départ et que nous n’avons pas beaucoup de bouteilles à lui consacrer, mais la France a été notre troisième marché en 2016.

Comment envisagez-vous l’avenir d’Armand de Brignac ?
J.-J. C. : Avec beaucoup d’attention et de ferveur, c’est une aventure tellement formidable que nous y consacrons beaucoup d’énergie. Commercialement, nous avons un partenariat qui nous lie pour de nombreuses années, c’est plus facile. Avec cette marque, il y a un potentiel encore insoupçonné, nous n’en voyons pas les limites. Il y a dix ans, je n’aurais jamais imaginé ce qui nous arrive aujourd’hui.

Armand de Brignac, c’est un comte ? Un duc ? Un prince ? Un roi ?
J.-J. C. : C’est le personnage d’un roman.

Comme vous dites, le roman est bien là, mais dans votre esprit ?
J.-J. C. : Un prince. C’est une marque jeune.

Et voilà la fameuse bouteille


Pour se faire une idée plus précise de cette affaire, il faut savoir :
Que Cattier est une maison qui diffuse 800 000 bouteilles de champagne hors Armand de Brignac.
Que cette maison est issue d'un domaine de 33 hectares dans la montagne de Reims.
Que Cattier a été le premier récoltant-manipulant de Champagne qui a dépassé les 100 000 bouteilles. Aujourd'hui, Jean-Jacques a pris un peu de recul, mais peu, et a confié les clés de la maison à son fils Alexandre qui la préside.


Cet entretien a été publié dans le supplément Vin de Paris-Match en septembre 2017 et sous une forme différente.
La photo : est signée Mathieu Garçon


 

mardi 21 novembre 2017

Mouton-rothschild 2015, l’étiquette est prête





Tout commence en 1945 et depuis lors, chaque millésime voit un artiste illustrer le haut de l’étiquette du premier (depuis 1973) grand cru classé de Pauillac. Il convient que l’artiste soit célèbre, au moins chez les grands amateurs d’art.

Que nous dit le communiqué du château ?
« L’illustration du millésime 2015 a été confiée à l’Allemand Gerhard Richter, né en 1932, prodigieux inventeur de formes et de techniques picturales. Célèbre dans le monde entier, il fonde son travail sur la relation dialectique entre peinture et photographie, entre figuration et abstraction. Son œuvre pour Mouton est le fruit d’un processus à la fois aléatoire et savamment élaboré qu’il appelle Flux. L’artiste fixe sur photo des couleurs en mouvement, saisies à l’instant idéal de leur composition. De même, un assemblage harmonieux donne au grand vin, matière vivante, son équilibre et sa plénitude. »

L’autre changement, c’est que la nouvelle génération prend symboliquement possession du cru après la mort de Philippine de Rothschild. En effet, c’est son fils Philippe Sereys de Rothschild qui signe l’étiquette au nom de ses frère et sœur.

Voilà. Business as usual, certes, mais j’adore cette étiquette chaque fois renouvelée, cette idée de montrer de l’art contemporain. Rien d’autre, mais c’est déjà beaucoup.


dimanche 19 novembre 2017

Au Grand Tasting, on accorde les vins et les plats et c'est bon

Il y a douze ans, l’aube du Grand Tasting, nous avons appelé ça l'Atelier Gourmet. Plus tard, nous avons ajouté une version « Prestige », de plus grands vins, de plus grands plats. Ce qui n’a jamais changé, c’est la qualité de ceux qui cuisinent. Nos chefs viennent de partout et surtout de là où on mange bien. D’ailleurs, tout ceci donne faim. Lisez et vous verrez.



Vendredi 1er décembre

PRESTIGE
16h - 16h45 : Quatre accords cognac autour de la truffe.
Présenté par David Boileau, ambassadeur du cognac & Thierry Verrat, chef étoilé du restaurant La Ribaudière, à Bourg-Charente à côté de Cognac.
-       Le V.S. servi glacé avec le tartare de bar de la Cotinière à la truffe noire de Jarnac
-       Le X.O. servi frais avec le cappuccino de champignons sauvages à la truffe noire de Jarnac
-       Le V.S.O.P. servi frais avec le club sandwich chapon truffé, condiment truffe noire de Jarnac
-       L'Extra servi tempéré avec la truffe surprise au cognac

17h - 17h45 : Château Prieuré-Lichine (Bordeaux), Christophe Gaud et Philippe Baranes (Braisenville)
Présenté par Lise Latrille, directrice commerciale et communication du Château Prieuré-Lichine et Christophe Gaud et Philippe Baranes, chefs du restaurant Braisenville
Suprême de pintade, embeurrée de choux à l’orange servie avec du coing et un jus au cacao, accompagnés de :
-       Bordeaux, Le Blanc du Château Prieuré-Lichine 2016 (blanc)
-       Margaux Grand Cru Classé, Château Prieuré-Lichine 2009 (rouge)

18h15 - 19h : Modernité, Tradition et Créativité : Rendez-vous effervescent avec les AOC de Limoux et Williams Caussimon (Institut Le Cordon Bleu Paris)
Présenté par Marlène Tisseire, directrice du Syndicat du Cru Limoux et Williams Caussimon, chef de l’institut Le Cordon Bleu Paris
Saint-Jacques dorée à la citronnelle et agrumes Bachès, mousseline de potimarron au gingembre, accompagnés de :
-       AOC Limoux Méthode Ancestrale « On the Rock » de chez Sieur d’Arques
-       AOC Limoux Blanquette de Limoux Brut Nature de chez Antech

PRESTIGE
19h15 – 20h : Produits truffiers & vins
Présenté par Pierre-Jean Peybeyre (le pape de la truffe)
Produits truffiers accompagnés de :
-       Champagne, Pol Roger - Winston Churchill 2006 (blanc)
-       Beaune 1er cru, Chanson - Clos des Mouches 2011 (rouge)
-       Margaux, Château Brane Cantenac 2008 (rouge)
-       Saint-Émilion, Château Grand Corbin-Despagne 2008 (rouge)


Samedi 2 décembre

11h – 11h45 : Champagnes (Besserat de Bellefon) et Fromages, un accord sensationnel.
Présenté par Cédric Thiebault, chef de cave de la maison Besserat de Bellefon et Romain Olivier (MOF fromager) des Fromageries Philippe Olivier
-       Champagne, Cuvée des Moines Blanc de Blancs Grand Cru & Banon à la feuille, Chaource Fermier
-       Champagne, Cuvée des Moines Blanc de Noirs Grand Cru & Saint Nectaire fermier, Gruyère d’Alpage
-       Champagne, Cuvée B de B & Langres du plateau de Langres, Gouda VSOP

12h – 12h45 : Accord mets et vins chinois : Shan Goût & Château Rongzi.
Présenté par Château Rongzi & Yi Shan, chef du restaurant Shan Goût
Plats chinois élaborés à partir de préparations « Shan » et sauces « Tang » à l’origine de toutes les saveurs de la cuisine chinoise ancestrale, accompagnés de :
-       Shanxi Xiangning (China), 山西乡宁 Château Rongzi Doux Rosé 2016 (rosé)
-       Shanxi Xiangning (China), 山西乡宁 Château Rongzi Etiquette Jaune 2013 (rouge)

PRESTIGE
13h – 13h45 : Hommage à Alain Senderens
Présenté par Bertrand Guéneron, chef du restaurant Au Bascou, 17 ans au Lucas Carton
Canard Apicius d’Alain Senderens

14h – 14h45 : Château Haut-Carles & Bertrand Gueneron (Au Bascou).
Présenté par Thierry Perdigon, directeur technique du Château Haut Carles et Bertrand Guéneron, chef du restaurant Au Bascou
Epaule d’agneau confite, spaghetti de concombre et basilic, accompagnés de :
-       Fronsac, Château Haut-Carles 2011 (rouge)
-       Fronsac, Château Haut-Carles 2015 (rouge)

15h15 – 16h : Deux expressions du millésime 2008. Champagne Philipponnat, Stéphane Pitré (Le Louis) & Alan Geaam (Alan Geaam)
Présenté par Charles Philipponnat, président-directeur général du Champagne Philipponnat, Stéphane Pitré, chef du restaurant Le Louis, & Alan Geaam, chef du restaurant Alan Geaam
-       Foie gras rôti au beurre de cacao à l’étouffé de foin & Champagne, Clos des Goisses – Extra Brut 2008 (blanc)
-       Poêlée de noix de Saint-Jacques, topinambour en deux textures, sabayon de champagne au cresson et champagne, Grand Blanc – extra-brut 2008 (blanc)

16h15 – 17h : Château Suduiraut & Christophe Boucher (Dessance).
Présenté par Pierre Montégut, directeur technique du Château Suduiraut, accompagné de Sylvie Montégut et Christophe Boucher, chef du restaurant Dessance
Mousseline de patate douce et fruit de la passion, chips de tapioca avec du pamplemousse mariné et confit accompagnées de :
-       Sauternes, Château Suduiraut 2013 (blanc)
-       Sauternes, Château Suduiraut 2001 (blanc)

17h15 – 18h : Quel champagne à l’apéritif ? Le meunier ne dort pas  
Présenté par Anne-Marie Chabbert, œnologue spécialisée en champagnes
L'apéro est un moment sacré de convivialité et de découvertes œnologiques.
À la découverte de champagnes issus du cépage meunier, frais et fins, riche d’une belle minéralité et d'un fruité de grande maturité. Les accords simples et précis avec des toasts de fromages, de la charcuterie noble et du  foie gras fait maison leur donneront la réplique.
Champagnes présentés :
-       Champagne Moutardier
-       Champagne Franck Meteyer
-       Champagne Xavier Leconte

Pour mémoire, rappelons que le Grand Tasting 2017, douzième édition, se tiendra les vendredi 1er et samedi 2 décembre au Carrousel du Louvre à Paris.



Pour vous inscrire ou obtenir plus d'informations (prix, disponibilités, etc.), visitez le site grandtasting.com


La photo : D.R.