Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



mercredi 19 avril 2017

Mes magnums (32)
un champagne blanc de blancs de finesse

Besserat de Bellefon, Cuvée des Moines, blanc de blancs 



Ce qu’il fait là 
Besserat de Bellefon est une marque du XIXe siècle qui a connu des heures difficiles et un destin contrarié. La voir revenir sur le devant de la scène est un plaisir que nous devons à Philippe Baijot qui ne fait pas autre chose avec son autre grande marque célèbre : Lanson. Ce type a une vocation de sauveteur et un goût marqué pour les grandes histoires.

Pourquoi on l’aime
Pour la finesse de la bulle, la légèreté de l’effervescence. C’est différent des autres champagnes et, en cela, c’est déjà remarquable.

Combien et combien
4 à 5 000 magnums par an, 80 euros le magnum

Avec qui, avec quoi
Avec des doux, des calmes, des raffinés. Le braillard en quête de sensations explosives ou de « bombe de fruits » passera son chemin. Pas dommage.

Il ressemble à quoi
À un ouvreur d’appétit, de bonne humeur et léger. Tout ce qui fait qu’on aime les blancs de blancs qui, rappelons-le au passage, sont des champagnes blancs issus de raisins blancs (chardonnay pour l’essentiel).

La bonne heure du bonheur
C’est un vin d’apéritif et c’est aussi le dernier vin de la nuit,
celui à qui l’on demande de reconstruire.

Le bug
D’un vin en progrès constants, faut-il éternellement attendre
le progrès d’après ?

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve
Citronné, vif et frais, sans rudesse, très apéritif. Caractère juvénile intéressant. 14,5/20



Ce texte a été publié sous une forme différente dans ENMAGNUM n° 6.
Il fait partie de la série "Interviews de magnums".

Toutes les photos de cette série sont signées Fabrice Leseigneur.

Voici ENMAGNUM #07, en vente chez votre marchand de journaux depuis quelques jours :


mardi 18 avril 2017

Le groupe Maisons et Domaines Henriot
acquiert la winery Beaux Frères en Oregon

Une petite partie des vignes du domaine Beaux Frères, dans la Willamette en Oregon.
Le domaine est mené en bio-dynamie.
Quelques semaines après la splendide prise de position du groupe EPI, déjà propriétaire des champagnes Charles Heidsieck et Piper-Heidsieck, qui a acquis les grands rouges de la famille Biondi Santi, en brunello-di-montalcino, voilà une autre preuve de l’incroyable santé de la filière vin française.
Le groupe familial, Maisons et Domaines Henriot, dirigé depuis deux ans par Gilles de Larouzière a pris le contrôle d’une winery de tout premier plan en Oregon. Elle porte un drôle de nom, Beaux Frères, qui témoigne de l’actionnariat composé de Michael Etzel, le vinificateur-fondateur et de son beau-frère qui n’est autre que Robert Parker, mari de la sœur aînée de Michael. Oui, lui-même. Il reste actionnaire. Il est important de préciser que Robert Parker n’a jamais commenté ou noté les vins de Beaux Frères dans le Wine Advocate ou dans ses livres. Son impact sur le domaine Beaux Frères tient surtout au niveau d’exigence qu’il a insufflé à tous les échelons de l’élaboration des vins comme des pratiques culturales. Ce vignoble est mené en biodynamie. Pour comprendre la dimension artisanale de la winery Beaux Frères, il faut savoir qu’elle produit 110 000 bouteilles dont les prix (public TTC) s’étagent de 60 à 125 $ pour une gamme de plusieurs cuvées de pinot noir et une de chardonnay. Des prix élevés pour un consommateur français, mais habituels aux USA.

Michael Etzel, le vinificateur et fondateur de Beaux Frères
Beaux Frères est une propriété emblématique du dynamisme de l’Oregon et c’est une belle prise. Maisons et Domaines Henriot a acheté la majorité des parts, mais conserve chaque membre de l’équipe. Pour Gilles de Larouzière, c’est « Une marque qui dispose d’un potentiel de développement magnifique, même aux USA. Et le pinot noir connaît un engouement mondial. Nous sommes en mesure de les aider à l’export et aussi sur le marché domestique grâce à MDH America, notre filiale dédiée. Pour commencer, il s’agit de comprendre le modèle, très différent de ce que nous faisons en France, et bâti sur la vente directe pour 50 % de la production. Aux USA, c’est habituel et pour nous, c’est très nouveau. Nous pouvons les aider dans la présentation et la promotion de leurs vins, mais nous devons surtout être respectueux de ce qui marche si bien et prudent dans notre approche de l’entreprise. »
Ce qu’il y a d’amusant dans cette opération, il faut bien l’avouer, c’est la qualité de la réponse apportée aux persistantes rumeurs qui donnaient Gilles de Larouzière vendeur du groupe familial. Rumeurs en provenance, pour l’essentiel, du négoce londonien. Gilles nous précise : « Nous envoyons un message très clair sur les intentions des familles, mais nous ne le faisons pas pour ça. Il s’agit pour le groupe d’une occasion unique d’ajouter une pépite à une collection qui en compte déjà beaucoup. Nous ne sommes pas dans une logique de développement massif, mais plutôt d’artisanat d’art ».

Gilles de Larouzière et Michael Etzel

Rappelons que Maisons et Domaines Henriot est déjà propriétaire des champagnes Henriot, des bourgognes Bouchard Père et Fils, des chablis William Fèvre, des fleuries du Château de Poncié, des spiritueux Lejay-Lagoute.

La gamme des pinots noirs et chardonnay de Beaux Frères


mercredi 12 avril 2017

Mes magnums (31),
un grand, un très grand champagne rosé

Jacquesson, cuvée Dizy Terres rouges, rosé 2009

Ce qu’il fait là
Comment présenter une sélection de beaux magnums de champagne sans l’une ou l’autre des cuvées de la maison Jacquesson ? Les deux frères Chiquet qui s’y partagent le travail semblent touchés par une sorte de grâce qui leur confèrent ce talent de ne jamais faire d’erreur. Ni dans la bouteille, ni dans la façon d’en assurer sa gloire. C’est très fort.

Pourquoi on l’aime
D’abord, on aime le rosé de Champagne. Ensuite, on aime celui-là pour sa couleur tenue et sa palette aromatique dense et rouge du fruit. Enfin, l’idée d’un rosé issu d’une parcelle de 1,35 hectare m’enchante, l’idée de ce jardin de pinot noir planté en 1993 a quelque chose d’esthétique.

Combien et combien 
300 magnums, 175 euros le magnum

Avec qui, avec quoi 
Avec de vrais gourmands, des amoureux des saveurs, des curieux, des bons vivants de qualité. Ils finiront la bouteille à toute vitesse, prévoyez un second magnum.

Il ressemble à quoi
Il est pile poil le rosé de Champagne, maître-étalon d’un genre qui, me dit-on, s’essouffle. J’espère que ce n’est pas vrai.

La bonne heure du bonheur
Peut-être bien que, pour une fois, je le mettrai à table. Avec un carré d’agneau cuit rosé, couleur pour couleur, ton sur ton.

Le bug
Production infime et 2009, c’est très jeune.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve
Belle robe à la couleur assumée, fruit très expressif, vinosité et profondeur. Grand rosé de table. 18/20

Ce texte a été publié sous une forme différente dans ENMAGNUM n° 6.
Il fait partie de la série "Interviews de magnums".

Toutes les photos de cette série sont signées Fabrice Leseigneur.  

 

lundi 10 avril 2017

En Magnum.
Le numéro 7 vient de paraître et il est bien

C’est avec une certaine allégresse que la communauté des wine lovers francophones a vu En Magnum #07 se matérialiser chez les marchands
de journaux.


C’est de saison, l’accroche principale concerne le millésime 2016 qualifié par Bettane + Desseauve de premier grand millésime du XXIe siècle. Pourquoi ? Parce qu’il ne ressemble à rien de connu, parce que le jeu des comparaisons ne s’applique pas à ce millésime. Qu’il s’agisse des vins de Bordeaux ou d’autres régions viticoles, c’est pareil. L’article de Michel Bettane est titré Le désordre nouveau, c’est tout dire.
On y trouvera aussi une grande promenade sur les bords de la Loire qu’on aime, à travers vignes et grottes, à l’ombre des clochers et des châteaux.
Un beau sujet de Guillaume Puzo sur les blancs de la côte chalonnaise et du Mâconnais en grands remplaçants des vins de la côte de Beaune devenus inaccessibles.
Thierry Desseauve s’est intéressé à Hubert de Boüard. Il a bien fait,
c’est passionnant.
Antoine Pétrus a une nouvelle fois joué des accords mets-vins en virtuose
qu’il est.
Notre ami Laurent Gotti a été voir comment ça se passait pour les vignerons bio en Bourgogne pendant que Christelle Zamorra arpentait le vignoble du Douro à la recherche de vins secs (comprendre non mutés, merci).
Un sujet sur les contenants d’élevage, un autre sur les cépages qui s’épanouissent ailleurs que sur leurs terres d’élection.
Nos amis Ludo et Jean-Bapt’ nous ont envoyé des images américaines. Ça devient passionnant, cette histoire de recensement de tous les vignobles du monde. À suivre.
Je me suis penché sur les aventures de Manuel Peyrondet et de son Chais d’œuvre. Quelques têtes de cuvées, aussi, qui ne sont pas des têtes de Turcs. Et des magnums infiniment désirables, comme à chaque fois.
Et puis, il y a les primeurs 2016 à Bordeaux à notre manière. C’est-à-dire avant dégustation, sur la seule confiance (je n’ai pas dit « foi ») dans les vignerons et notre connaissance des vignobles. Ainsi, nous reconduisons notre classement des super bordeaux en les divisant en quatre familles pour quarante étiquettes. Le classement complet, après dégustation cette fois, paraîtra mi-juin.
En Magnum #07, achetez-le, ça nous fera plaisir. À vous aussi, d’ailleurs.

En Magnum n°7, en vente chez votre marchand de journaux depuis le 7 avril
et toujours à 5,90 euros.


lundi 27 mars 2017

Guiraud Premier



Cette année, c’est Château Guiraud qui ouvre le bal des primeurs avec une offre pour son grand sauternes 2016 à 35,50 euros hors taxes chez ChateauPrimeur.com
L’amateur concerné notera avec plaisir que ce grand sauternes sort au même prix que l’an dernier pour son millésime 2015.
Le commentateur sourcilleux s’étonnera de voir Guiraud lancer les hostilités sept jours avant l’ouverture de la Semaine des primeurs.
Que faut-il en conclure ?
Que Guiraud est sûr de son vin, des commentaires qui l’accompagneront ?
C’est possible.
Que Guiraud veut prendre le plus de place possible dans le petit interstice réservé aux sauternes par le négoce ?
C’est possible aussi.
En tous cas, un aussi grand bordeaux à 42 euros TTC, c’est pas bien cher.

mardi 21 mars 2017

Retour à Calon



C’est la seconde fois que j’y vais. Tout a changé. Ou va changer. Engins de chantier, fenêtres percées, poussière sur les chaussures. L’admirable chartreuse n’est qu’un vaste chantier, elle n’est pas au bout de ses peines. Je me souviens y avoir bu du champagne dans une coupe avec madame Gasqueton, une fois, une seule fois, dans ce salon, les tapisseries d’Aubusson, les marqueteries des tables de bridge, les motifs usés des tapis (toute l’histoire est ici, clic). Il y avait aussi le regretté Michel Creignou, drôle et distingué, nous nous étions arrêtés chez un charcutier de Pauillac de sa connaissance pour acheter du grenier médocain. Côté chais, en revanche, tout est en place. Cuvier et chai à barriques (de la place pour plus de mille barriques), nickel. Galerie des vieux millésimes enfermés dans des cellules monacales, encore vide, mais prête. Nouveaux bureaux, nouvelle salle de dégustation, de réunion. Bref, c’est beau, efficace, moderne et sobre. Et environnemental, comment faire autrement ? Optimisation des ressources en eau et en énergie, réduction des intrants, gestion et valorisation des déchets et effluents, mutualisation des services et préservation de la biodiversité. Il ne manque rien.

Si les choses avancent vite depuis l’arrivée du nouvel actionnaire et de Laurent Dufau, le gérant qu’il a nommé, la priorité n’était visiblement pas la piscine ou les jardins. Non, les premiers soins ont été apportés à l’outil technique et ça, on voit bien que c’est très réussi. À la vigne aussi, mais c’est moins spectaculaire. Arrivé en 2013, Laurent Dufau a lancé les travaux aussitôt. Du même geste, il produit des vins de haut niveau. Pour ce faire, il a eu l’intelligence de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Comprendre qu’il a gardé le directeur technique nommé par madame Gasqueton en 2006, l’excellent Vincent Millet, un garçon
« fin et inspiré » selon Michel Bettane. La restructuration du vignoble, initiée par Millet à son arrivée, commence à montrer ses raisins dans le grand vin 2016. L’idée étant de donner plus de place au cabernet-sauvignon. Et de produire, bien sûr, de plus en plus de grand vin et chaque fois meilleur.

1 100 barriques tiennent sans se bousculer
dans le nouveau chai à barriques de Calon-Ségur


En tout, la société Suravenir (groupe Crédit Mutuel-Arkéa) aura investi 30 millions d’euros au terme du programme de restauration du domaine, prévu pour fin 2018. La replantation du vignoble est annoncée à l’horizon 2032. L’actionnaire n’est pas venu faire un petit tour à Calon-Ségur, il s’implique fort et pour longtemps.
2013, 2014, 2015 ont, déjà, marqué leur époque et le niveau d’exigence de l’équipe renouvelée. Par exemple, le 2015 se promène dans l’existence assorti d’un 19/20 B+D du meilleur effet. Comme cette note progresse chaque année, que nous réserve 2016 ?

Une splendeur en magnum, jeune, frais, goûteux, parfait. 46 ans.

dimanche 26 février 2017

Verny, pour les chanceux

Verny, au début, je pensais à Gallimard, à Françoise, je trouvais ça littéraire, rive gauche, chic. Non. Déjà, ce n’est pas un patronyme, mais un prénom, celui du saint patron des vignerons de Bourgogne, d’Auvergne et du Jura. Ceci, avant d’être remplacé par Saint-Vincent, dont on connaît le succès, chaque hiver dans presque tous les villages du vignoble. Même chez les saints patrons, la concurrence est rude.

Verny, aujourd’hui, c’est un caviste en chambre, au deuxième étage d’un immeuble de la rue Saint-Honoré, vers l’église Saint-Roch, au milieu des belles adresses de la mode, Colette, des maroquiniers, etc. Dans l’entrée de l'immeuble, grande sobriété, le mot "vin" n’est même pas mentionné. Le créateur de cet endroit s’appelle Olivier Madinier, on l’avait connu au Verger de la Madeleine, avant que le pâté de maison soit acquis par un fond moyen-oriental et que cette affaire de vin (pouah) soit gentille d’aller se faire pendre ailleurs.

Chez Verny, on reçoit sur rendez-vous. Pour une bouteille à quinze euros ou pour un magnum à 50 000, comme ce petrus 1947 en provenance de la cave de madame Loubat, ancienne propriétaire du cru. Et puisqu’on en parle, Jean-François Moueix (actuel propriétaire de Petrus) fait partie des treize associés qui ont présidé à la naissance de Verny. Du lourd. On comprend soudain que cette jeune société, lancée en mai 2016, bénéficie de quelques allocations chez les meilleurs vignerons français. « Ils jouent le jeu » dit Olivier Madinier. Comprendre que, non contents d’ouvrir leurs caves, ils viennent aussi animer des dégustations rue Saint-Honoré.

Qu’on parle prix et Madinier répond avec une grande simplicité : « Dans l’univers ultra concurrentiel qui est le nôtre, il est impossible d’être plus cher. Il nous appartient de bien acheter, d’avoir des allocations que d’autres n’ont pas, de bien vendre à un bon prix de marché. Quand tel ou tel de mes confrères se met à casser les prix sur une étiquette, j’attends qu’il se lasse. Je n’attends jamais longtemps. » 

Verny dispose d’un stock de 10 000 bouteilles, beaucoup de magnums et grands contenants, et rend à peu près tous les services des grands cavistes historiques de Paris : audit et/ou constitution de cave, recherche, animation de dégustation privée, etc. Avec 200 clients fortement actifs, le « club » Verny a pris un bon départ.

Un vieux tirage de chez Selosse, un brut qui assemble
les millésimes 1985, 1987 et 1989, dégorgé fin 1992.
Cette rare bouteille est en vente chez Verny autour de 200 euros.
C'est moins cher qu'un récent millésimé du même.

Pour en savoir plus, appelez Olivier Madinier au 01 45 08 09 88. Je suppose qu’il est ouvert aux heures où vous l’êtes.

lundi 20 février 2017

Des grands crus sur une note légère

Carte sur table 2017. L'événement se tiendra tous les jours de mars, du 1er au 31, dans une fine sélection des meilleurs restaurants de France. Tous n'y sont pas, certes, mais ne commencez pas à discuter. Vous connaissez le principe : une quinzaine de grands à très grands bordeaux à prix coûtant dans une sélection de belles à très belles tables de France.
Réservez vite, il va y avoir quelques vins qui risquent de s'arracher. Commençons, si vous le voulez bien, par la carte des vins qui vaut tous les détours. Naturellement, chacun la jaugera à l'aune de ses moyens ou de son goût pour les (petites) folies. Moi, à part climens et guiraud (et haut-brion 07 que j'ai goûté et qui est un vin prodigieux) (et, surtout, mouton 04 qui emporte tous les suffrages loin devant sa compétition), j'hésite. Une belle tombée de pape-clément blanc peut faire un bon début. Après, je ne sais plus… Canon 08 ? Pourquoi pas.
Ah, la dream team des experts Bettane + Desseauve a tout goûté, ça peut vous aider. Moi, je ne reproduis qu'une petite partie, mes préférés.

Un très bon début suivi d'une fin admirable. C'est Carte sur table.


Les vins
Château Pape Clément 2013, blanc, cru classé de Pessac-Léognan,
130 euros
Le commentaire de dégustation Bettane + Desseauve
"Pape-clément est à son meilleur depuis le milieu des années 1980, époque de la reprise par Bernard Magrez. C'est avant tout un cru qui donne une définition claire de son terroir et les blancs partagent la même finesse et la même sophistication que les rouges. Nez superbe, génialement fruité et minéral, notes de pêche blanche, agrumes, miel et tilleul, bouche dans le même style aromatique, dense et opulent. L'étonnement vient de la persistance de bouche, impressionnante." 17,5/20


Château Canon 2008, saint-émilion grand-cru, premier cru classé B,
90 euros
Le commentaire de dégustation Bettane + Desseauve :

"Ce cru tient son rang de premier cru classé B avec constance. Sobre, noblement aromatique, un rien austère dans ses deux premières années, Canon commence à prendre toute sa dimension de grand vin après cinq ou six années supplémentaires. 2008 incarne le classicisme bordelais typique de ce millésime. Racé, long, délicatement épicé, de grande finesse." 18/20
Château Gazin 2012, pomerol,
90 euros
Château Haut-Bailly 2008, cru classé de Pessac-Léognan,
110 euros
Château Haut-Brion 2007, premier cru classé de Pessac-Léognan,
490 euros
Château Palmer 2007, troisième cru classé de Margaux,
230 euros
Château Rauzan-Ségla 2002, deuxième cru classé de Margaux,
90 euros
Château Talbot 2003, quatrième cru classé de Saint-Julien,
95 euros
Château Grand-Puy-Lacoste 2005, cinquième cru classé de Pauillac,
140 euros
Château Pontet-Canet 2008, cinquième cru classé de Pauillac,
110 euros
Château Mouton-Rothschild 2004, premier cru classé de Pauillac,
490 euros
Le commentaire de dégustation Bettane + Desseauve :
"Bien qu'il était en brillante compagnie, ce 2004 dominait toute la dégustation organisée par Duclot. Ce millésime moins réputé, on se demande bien pourquoi à la dégustation de ce vin, ne démentira pas l’intensité harmonieuse de Mouton qui résume tout ce que l’on peut attendre du plus grand pauillac, l’ampleur de texture, le grain inimitable du cabernet-sauvignon et un équilibre souverain de tous les composants difficile à prendre en défaut.  Tout aussi délicat que plein, grande texture aristocratique, un des sommets incontestables du millésime."
19/20

 
Château Lafite-Rothschild 2002, premier cru classé de Pauillac,
520 euros
Château Montrose 2008, deuxième cru classé de Saint-Estèphe,
110 euros


Château Guiraud 1997, premier cru classé de Sauternes,
35 euros (50 cl.)


Château Climens 1996, premier cru classé de Barsac,
100 euros

Le commentaire de dégustation Bettane + Desseauve :

"De l’avis unanime, climens est le premier des vins de Barsac : la nature de son sol sur socle calcaire lui donne un supplément d’acidité qui équilibre à merveille sa richesse en liqueur. Il reste quelque chose de mystérieux dans l’extraordinaire voire transcendante complexité de ses parfums. Le 1996 développe des arômes envoutants de mandarine et d'orange confites. Avec moins de liqueur que le phénoménal 1997, dans un registre plus délicat, très équilibré."
19/20


-->Des notes de dégustation, je n’ai reproduit que celles des vraies bombes. Vous auriez fait pareil.

Les restaurants
Paris et alentours
·      Sur Mesure par Thierry Marx,
Mandarin Oriental, 251 rue Saint-Honoré, 75001 Paris
·      Les Tablettes Jean-Louis Nomicos,
16 avenue Bugeaud, 75016 Paris
·      La Maison de l'Aubrac,
37 rue Marbeuf, 75008 Paris
·      Le Chiberta,
3 rue Arsène-Houssaye, 75008 Paris
·      Restaurant Pierre Gagnaire,
6 rue Balzac, 75008 Paris
·      Gordon Ramsay au Trianon,
Trianon Palace, 1 boulevard de la Reine, 78000 Versailles
·      Restaurant Sylvestre,
Hôtel Thoumieux, 79 rue Saint-Dominique, 75007 Paris
·      Brasserie de l’Hôtel Thoumieux,
79 rue Saint-Dominique, 75007 Paris
·      Benoit,
20 rue Saint-Martin, 75004 Paris
·      Allard,
41 rue Saint-André-des-Arts, 75006 Paris
·      Le Relais Plaza,
Hôtel Plaza Athénée, 21 avenue Montaigne, 75008 Paris
·      Biondi,
118 rue Amelot, 75011 Paris
·      Le Grand Restaurant,
7 rue d'Aguesseau, 75008 Paris
·      The Beef Club,
58 rue Jean-Jacques-Rousseau, 75001 Paris
·      Pierre Sang,
6 rue Gambey, 75011 Paris
·      Restaurant Loulou,
107 rue de Rivoli, 75001 Paris
·      La Régalade 14e,
49 avenue Jean-Moulin, 75014 Paris
·      Monsieur Bleu,
20 avenue de New-York, 75016 Paris
Sud-Ouest
·      La Grand'Vigne,
Sources de Caudalie, Smith-Haut-Lafitte, 33650 Martillac
·      La Table du Lavoir,
Sources de Caudalie, Smith-Haut-Lafitte, 33650 Martillac
·      La Grande Maison,
10 rue Labottière, 33000 Bordeaux
·      Le Pressoir d’Argent,
Grand Hôtel de Bordeaux, place de la Comédie, 33000 Bordeaux
·      Le Bordeaux,
Grand Hôtel de Bordeaux, place de la Comédie, 33000 Bordeaux
·      Le Saint-James,
3 place Camille-Hostein, 33270 Bouliac
·      Le Relais de la Poste,
24 avenue de Maremne, 40140 Magescq
Sud-Est
·      Flocons de sel,
1775 route du Leutaz, 74120 Megève
·      L'Oustalet,
place du Village, 84190 Gigondas
·      La Table de Patrick Raingeard,
Cap Estel, 1312 avenue Raymond-Poincaré, bord de mer, 06360 Eze


     Plus de détails sur cartesurtable.fr
     L'intégrale des notes de dégustation des quinze vins proposés par Duclot-La Vinicole dans le cadre de l'opération Carte sur Table, ici (clic)



mercredi 8 février 2017

Le témoignage de Caroline Frey
sur l’affaire des ZNT

Pour faire une suite à mon post de dimanche sur l’abandon des zones de non-traitement (ZNT) à proximité des habitations, quelques vignerons m’ont adressé leur avis. Deux d’entre eux, en appellation saint-émilion et bordeaux-supérieur, s’apprêtent à faire la coûteuse acquisition de pulvérisateurs à panneaux récupérateurs, une technologie nouvelle, plutôt lente à les en croire et pas encore très au point. Un autre préconise l’obligation d’être en bio dans les zones concernées. Un autre encore se demande s’il faut arracher, je pense qu’il plaisante, mais ce n’est pas sûr. Enfin, Caroline Frey m’a adressé une copie du courrier qu’elle a envoyé aux instances et que je publie dans son intégralité. Bref, les vignerons responsables et conscients des enjeux de leur métier ne sont pas du tout d’accord pour jouer à ce mauvais jeu qu’on voudrait leur imposer. Au nom de quoi, d’ailleurs ?

La lettre de Caroline Frey :

À l’attention de Mr le Président de la CNAOC
Copie à : 
Syndicat Viticole de Meursault
Syndicat Viticole des Côtes du Rhône
Syndicat Viticole de Bordeaux
OBJET : Nouvel arrêté phyto


Monsieur le Président,
Une consultation publique est en ce moment ouverte dans le cadre du nouvel arrêté phyto. Le texte en cours d’écriture par les ministères de la santé, de l’environnement et de l’agriculture, prévoit l’abandon des Zones Non Traitées le long des habitations et des jardins.
La CNAOC, par l’intermédiaire des Syndicats Viticoles de Côtes du Rhône, de Bordeaux et de Meursault, nous a recommandé d’envoyer une lettre type qui approuve le retrait de ces Zones Non Traitées.
En voici un extrait :
« J’exprime ma satisfaction d’avoir vu retirer le projet d’instauration d’une zone de non traitement à proximité des lieux d’habitation par voie réglementaire qui n’aurait fait qu’exacerber les relations de voisinage. Les autorisations de mise en marché prennent en compte le risque riverain. Je respecte les conditions d’application prévue dans ces autorisations et je mets en oeuvre des bonnes pratiques. Je tiens compte des contraintes de voisinage comme celles relatives à l’environnement »
 

À l’heure où la toxicité de nombreux produits phytosanitaires comme les CMR, ayant pourtant reçu une autorisation de mise en marché, est scientifiquement démontrée, comment la CNAOC peut-elle prendre une position si tranchée en faveur de l’utilisation de ces traitements aux abords des habitations et des jardins ? Comment la CNAOC peut-elle aujourd’hui affirmer qu’utiliser ces produits selon les notices d’application suffit à éviter l’exposition des riverains à des molécules dangereuses pour la santé ?
Et quand bien même la CNAOC aurait des arguments pour défendre cette position, il est très étonnant d’orienter ainsi le choix des viticulteurs en leur recommandant une réponse unique.
Cultivant des vignes à proximité d’habitations, nous avons engagé des démarches de protection à leurs égards depuis plusieurs années. Par exemple : la viticulture biologique sur nos 3 vignobles, soit presque 300 ha, la mise en place de haies naturelles, la protection de la biodiversité. Je vous assure que les relations de voisinage n’en sont que meilleures.


Monsieur le Président, la viticulture n’a d’avenir que si elle prend en compte les enjeux de santé et d’environnement. L’abandon de la mise en place des ZNT aux abords des jardins et des habitations ne peut raisonnablement pas être une solution dont on doit se satisfaire sous prétexte que les produits phytosanitaires sont homologués et accompagnés de notice d’utilisation.
Écarter ainsi cette disposition sans même proposer de solutions alternatives de protection des riverains ne me semble pas en phase avec les enjeux de la filière.


Veuillez agréer, Monsieur le Président, mes salutations distinguées,


Caroline Frey 



Ci-dessous un fac-similé du courrier de Caroline Frey






On le voit, les questions sont multiples et primordiales et, jusqu’à présent, pas de réponse.

lundi 6 février 2017

Un effervescent à base de nebbiolo, c'est rare



C’est un vigneron de Serralunga d’Alba, au cœur du Piémont le plus désirable. Il s’appelle Rivetto. Jusqu’ici, je connaissais Giorgio Rivetti à l’enseigne de La Spinetta, de très jolis vins. Là, c’est Rivetto. Il s’avance précédé d’une grosse réputation, mais d’une notoriété toute petite. Un petit tour sur internet m’apprend qu’il se prénomme Enrico. Comme tous les viticulteurs qui cultivent du nebbiolo, à un moment donné, il coupe le bas de la grappe pour concentrer les baies du haut. C’est comme ça que le nebbiolo se porte le mieux, paraît-il. Sûrement puisque c’est le haut de la grappe qui fait le barolo.


Ce petit logo apposé au bas de l’étiquette explique
qu’il s’agit des raisins du bas des grappes. 

Un beau matin, il s’est dit que ces queues de grappe étaient à un point de maturité idéal pour faire un effervescent, spumante en italien. J’adore cette idée qu’on ne laisse pas perdre, que tout est bon dans le cochon, tout ça. Son effervescent tout neuf, il l’appelle Kaskal, c’est donc un raisin noir vinifié en blanc, comme ailleurs les pinots, et c’est dégorgé en extra-brut, c’est-à-dire sans beaucoup de sucre ajouté. Et vous savez quoi ? C’est bon comme tout, d’une finesse certaine, avec des arômes de figues, de camomille, des choses italiennes, l’austérité légère, mais de la générosité. Un internaute m’a appris que ce « champagne du Piémont » est une tradition qui remonte au XIXe siècle, ce que j’ignorais. Renseignements pris, ce n’est pas si clair. L’effervescent piémontais ainsi qualifié était issu de raisins blancs et était très doux, il devait s’apparenter au frizzante, moins effervescent que le spumante. Ce qui ne ressemble en rien à cet extra-brut joliment élaboré à la champenoise qui nous occupe ici.

C’est le caviste Soif d’ailleurs, rue Pastourelle dans le Marais qui m’a recommandé ça, il m’a aussi vendu un pinot noir du Palatinat en roulant des yeux extatiques, nous verrons cela un autre jour. Ce monsieur est spécialisé dans les vins étrangers que tu connais pas et moi non plus, il a des trucs dingues jamais croisés avant, c’est pas super bon marché, mais c’est là et il y a des vins à presque tous les prix quand même.
Paris est une fête.

dimanche 5 février 2017

Les lobbyistes de Bayer-Monsanto se marrent

Dans le monde de cinglés dans lequel nous nous débattons, il y a deux, trois sujets qui méritent qu’on torture le clavier pour nous indigner. L’agacement du jour, c’est cette idée largement colportée par les syndicats d’appellation et, au-dessus d’eux, j’imagine, par les autorités nationales, qui consiste à refuser les zones de non traitement (ZNT) à proximité des habitations et à se féliciter que les projets de réglementation ne tiennent aucun compte des riverains. C’est une histoire de fou qui montre à quel point les lobbyistes de Bayer-Monsanto travaillent bien et à quel point nos « responsables » sont faibles. C’est éprouvant.

Voilà le texte de la circulaire reçue par les vignerons. On me l’a transmis pour mon édification et, éventuellement, celle de mes lecteurs.

« Madame, Monsieur,
La règlementation sur les phytosanitaires est en cours de réforme :
- Au niveau national, les conditions générales d’utilisation sont en cours de révision.
- Au niveau départemental, des mesures de protection des personnes vulnérables sont mises en œuvre (processus encore en cours pour PACA).
- Au niveau européen, des débats pourraient être relancés sur les conditions d’autorisation des produits.
Actuellement, l’Arrêté national phyto est soumis à consultation publique.
Afin de confirmer notre opposition à la mise en place de ZNT habitations, chaque vigneron est invité à envoyer le mail ci-dessous avant le vendredi 3 février 2017.
En vous remerciant,
Le Président du Syndicat général des vignerons de etc. » 


Et voilà le mail-type qu’il demande aux vignerons d’envoyer :

« Mail à envoyer avant le vendredi 3 février 2017 à : consultations-public.bib.dgal@agriculture.gouv.fr
Objet : 

Projet d’arrêté relatif à l’utilisation des produits phytosanitaires
Mail : 

J’exprime ma satisfaction d’avoir vu retirer le projet d’instauration d’une zone de non traitement à proximité des lieux d’habitation par voie réglementaire qui n’aurait fait qu’exacerber les relations de voisinage. Les autorisations de mise en marché prennent en compte le risque riverain. Je respecte les conditions d’application prévues dans ces autorisations et je mets en œuvre des bonnes pratiques. Je tiens compte des contraintes de voisinage comme celles relatives à l’environnement. 
Je souhaite que l’on puisse, en cas de nécessité, traiter par un vent allant jusqu’à 4 beaufort, en utilisant un matériel performant permettant d’éviter la dérive à l’extérieur de la parcelle traitée et lorsqu’il est agréé à cette fin par le ministère de l’agriculture.
Par ailleurs, je demande aux pouvoirs publics de ne pas délivrer ou renouveler d’autorisation de mise en marché à des produits qui seraient si nocifs pour les vignerons, leurs personnels et leurs familles qu’il faudrait porter des équipements individuels de protection au-delà des délais de rentrée, voire jusqu’à la récolte. 
Signature : NOM Prénom, viticulteur à Commune (n° du département) »

Cette démarche qui, dans ce courrier, concerne le Rhône semble être largement relayée dans toutes les régions viticoles françaises, j’ai également reçu une copie d’une circulaire semblable à destination des vignerons de Bourgogne. Un bon ami de Castillon m’a également réexpédié le mail qu’il a reçu, le ton n’est pas le même, mais l’esprit est là.
Non, tous ces professionnels ne sont pas « satisfaits d’avoir vu retirer le projet d’instauration d’une zone de non traitement à proximité des lieux d’habitation ». Ces vignerons ont conscience des dangers des pesticides, mais ils se sentent bien seuls, tout d’un coup.

Bref, nous voilà face à une bande qui s’acharne contre les efforts entrepris par le vignoble en matière de santé publique, cette belle évidence. Les autorités de gestion du vignoble français, suivant en cela Donald Trump et tous les climato-sceptiques plus ou moins honteux, se foutent pas mal des conséquences des pesticides sur la santé des riverains alors que plus d’un vigneron s’est lancé dans des investissements pour les protéger, certains allant jusqu’à organiser des journées de rencontre pour expliquer à une population justement ravie ce qu’ils faisaient pour éviter de balancer des pesticides dans les maisons et les cours de récré des écoles qui sont en bordure des parcelles.
J’ai du mal à comprendre ce qui guide les représentants du vignoble.
Là, ce n’est même pas l’argent, semble-t-il.
En tous cas, les lobbyistes de Bayer-Monsanto se marrent.


La photo : elle a été publiée sur le site du quotidien Ouest-France en septembre 2015 

 

mardi 24 janvier 2017

Mes magnums (30)
ce provence rouge est une révélation

Château Minuty, cuvée Rouge et Or, côtes-de-provence 2013 



Ce qu’il fait là
Ce rouge de Provence vient de la presqu’île de Saint-Tropez, deux mots qui rendent le monde extatique à la simple évocation des délices attendus. Pour tout le monde, c’est Capoue ; pour nous, c’est Minuty.

Pourquoi on l’aime 
Parce que c’est une grosse surprise. Un assemblage mourvèdre-grenache parfaitement maîtrisé et un choc à la dégustation, on ne l’attendait pas à pareille fête. Il mérite ses deux ans de cave pour s’arrondir. Pas moins et peut-être plus. C’est comme ça que je l’ai découvert et adoré.

Combien et combien 
700 magnums. 45 euros le magnum (au domaine, 04 94 56 62 30)

Avec qui, avec quoi 
Avec des gens prêts à se laisser impressionner. Avec le sang d’une côte de bœuf, la gras d’un agneau, le jus d’une figue mûre. Avec de la gourmandise.

Il ressemble à quoi 
À un rouge bien élevé. À un terroir de dentelle. À du soleil, mais sans exclusive, on est dans le Var, pas dans les Alpes-Maritimes. À des cépages faits pour le lieu, surtout le mourvèdre.

La bonne heure du bonheur 
Déjeuner de fin d’été et dîners tous les soirs de l’hiver.

Le bug 
Le rosé fait de l’ombre aux beaux rouges de Minuty (et de Provence, en général).

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Sur des notes de cerise et de violette, il est frais et enrobé. Les tanins sont soyeux et la délicatesse de l'ensemble, très agréable. Élégant et juteux.



Ce texte a été publié sous une forme différente dans ENMAGNUM n° 5.
Il fait partie de la série "Interviews de magnums".

Toutes les photos de cette série sont signées Fabrice Leseigneur.

Voici ENMAGNUM #06, en vente chez votre marchand de journaux depuis quelques jours

 

mercredi 18 janvier 2017

Mes magnums (29)
un saint-émilion qui porte beau



Château Monbousquet, grand cru classé de Saint-Émilion 2006 

Ce qu’il fait là
On a toujours envie de saluer les gens dont le goût du travail bien fait les implique à fond dans leur passion. Ainsi de Gérard Perse. Quand il a acquis Monbousquet en 1993, tout le monde a raillé le nouvel arrivant. Aujourd’hui, son 93 (et les suivants) se classe(nt) parmi les tout meilleurs de l’appellation. C’était sans doute la bonne façon de faire taire le poulailler. Stand up ovation.

Pourquoi on l’aime 
Dans ce millésime souple et aimable, le vin est franc du collier, très long, il porte beau sa personnalité et on se dit qu’on lui donnerait bien encore trois ou quatre ans de cave.

Combien et combien 
600 magnums, 98 euros le magnum, en vente au château.

Avec qui, avec quoi 
À table. Avec de bons amis. Des bons vivants, pas des chipoteurs.

Il ressemble à quoi 
Il ressemble pile poil à nos envies de saint-émilion, à l’idée qu’on s’en fait avant de se servir un verre.

La bonne heure du bonheur 
À dîner. Gérard Perse le conseille avec un filet de chevreuil. Profitons de la saison pour vérifier ça. En tous cas, l’accord fait envie.

Le bug 
On ne trouve pas du chevreuil dans tous les hypers.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Ampleur suave et soyeuse, tannin ultra-fin, le beau style d'un monbousquet parfaitement épanoui, classique et long. 16/20



Ce texte a été publié sous une forme différente dans ENMAGNUM n° 5.
Il fait partie de la série "Interviews de magnums".

Toutes les photos de cette série sont signées Fabrice Leseigneur.

Voici ENMAGNUM #06, en vente chez votre marchand de journaux depuis quelques jours



mardi 10 janvier 2017

Mes magnums (28) un sauternes tendre et soyeux



Château Rayne-Vigneau, premier grand cru classé de Sauternes 2010 

Ce qu’il fait là 
Il ne sera pas dit qu’un sujet « magnums » paraisse sans une bouteille de sauternes ou de barsac, ces vins plus que lumineux. Si les Français n’en achètent plus, c’est leur courte honte, tant pis pour eux. Nous, nous en buvons autant qu’il est possible avec infiniment de volupté.

Pourquoi on l’aime 
On l’aime pour la gamme aromatique qui se déploie non pas comme une queue de paon, mais plutôt comme le bouquet final d’un feu d’artifice, ce genre d'éblouissement qui n’en finit pas. On l’aime comme on aime celle ou celui qui nous prend par les épaules pour nous réconforter, nous réchauffer, nous rassurer. C’est quelque chose comme ça, le sauternes. On l’aime enfin parce qu’il vient d’être repris par un entrepreneur qui y croit.

Combien et combien 
Il reste 35 magnums à 99 euros pièce. On se dépêche.

Avec qui, avec quoi 
Avec la partie sensuelle de votre cerveau et de votre carnet d’adresses. Les secs, les raisonneurs, les bonnets-de-nuit, non, plutôt pas. Avec le haut de gamme de vos relations, ce n’est pas un vin de ploucs.

Il ressemble à quoi 
Vous vous souvenez Led Zeppelin ? Le début de la chanson : « There’s a lady who’s sure / all that glitters is gold / and she’s buying a / stairway to heaven ». Le reste n’est que raisonnements, tout ce qui brille est d’or et voilà. Les grands sauternes en particulier, sauf pour le prix, si terne.

La bonne heure du bonheur 
Après dîner. Mais aussi avec un suprême de volaille, des huîtres chaudes ou, plus prosaïquement, du foie gras, un fromage persillé, certains desserts.

Le bug 
Si les pouvoirs publics régionaux (droite et gauche confondues) continuent comme ça, il n’y aura bientôt plus de sauternes du tout. Une affaire pas belle et une usine à gaz stupide comme seuls les politiques régionaux sont capables d’en produire. Avec l’étrange implication d’un Juppé qu’on n’attendait pas là.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Beaucoup de richesse et de puissance, liqueur massive, vin de garde. 16,5/20


Ce texte a été publié sous une forme différente dans ENMAGNUM n° 5.
Il fait partie de la série "Interviews de magnums".

Toutes les photos de cette série sont signées Fabrice Leseigneur.

Voici ENMAGNUM #06, en vente chez votre marchand de journaux depuis quelques jours :